Louise Bourgeois: l'association ANSFO met en lumière une sage-femme audacieuse
Sage femme française 1564-1644
Louise Bourgeois a écrit le premier livre d’obstétrique français incluant de l’anatomie en 1609. Son approche des causes plutôt que des symptômes a marqué l’histoire des pratiques médicales. Elle a beaucoup oeuvré pour promouvoir des remèdes contre les douleurs de la parturition. A une époque où la douleur de l'enfantement était le châtiment divin, ses idées étaient très novatrices. Dans son ouvrage « Observations diverses sur la stérilité, perte de fruits, fécondité, accouchements, et maladies des femmes et des enfants nouveaux-nés », la sage-femme y détaille une grande variété de méthodes selon le terme pour provoquer l’interruption de la grossesse. Dans ses traités médicaux, elle déconseille à ses consoeurs de pratiquer l'avortement. Mais cette position est à replacer dans le contexte de l'époque où l'avortement était prohibé par l'Eglise et aucun traité médicaux ne justifiait l'avortement. Pourtant, elle raconte qu’elle a pratiqué une opération afin de sauver une mère d’une mort certaine à une époque où la grossesse devait être menée à terme quelque soit l’issue pour la mère et l’enfant. Ainsi, elle justifie l’interruption médicale de grossesse bien avant que l’Académie de médecine reconnaisse le droit à l’Interruption Médicale de Grossesse en 1852.
D'après le livre Histoire de l'avortement XIXème-XXème siècle, de Jean-Yves Le Naour et Catherine Valenti