ANSFO Association Nationale des Sages-Femmes Orthogénistes

L’avortement est une intervention simple et extrêmement sûre lorsqu’elle est pratiquée selon une méthode recommandée et par des praticien·nes qualifié·es. Cependant, environ la moitié seulement des avortements ont lieu dans des conditions sécurisées dans le Monde. En effet, les avortements non sécurisés sont à l’origine d’environ 39 000 à 47 000 décès chaque année et entraînent l’hospitalisation de millions de femmes supplémentaires en raison de complications selon l'OMS. Près de l’ensemble des décès et des traumatismes résultant d’un avortement non sécurisé sont entièrement évitables ce qui fait de l'avortement non médicalisé la seule cause complétement évitable de mortalité maternelle. Selon les lignes directrices sur les soins liés à l'avortement publié par l'OMS en 2022, il est établi que les sages-femmes peuvent fournir les soins complets d’avortement de manière autonome et en toute sécurité. Les données empiriques concernant les avortements incomplets au premier et au deuxième trimestres traduisent des résultats équivalents selon que la prise en charge est effectuée par les sages-femmes ou par les médecins (Atuhairwe et al., 2022). Cependant, les sages-femmes rencontrent plus souvent d'obstacle dans leur pratique.

Pour avoir une vision d'ensemble sur les lois relatives à l'avortement dans le monde, vous pouvez consulter ce site :

https://abortion-policies.srhr.org/

Dans de nombreux pays, les sages-femmes offrent des soins d'avortement malgré parfois des lois restrictives.

Voici quelques exemples :

  • En Argentine, Carolina Comaleras et Yanina Miragaya, sages-femmes, ont consacré leur carrière à garantir l’accès à un avortement sécurisé. Carolina Comaleras a effectué un travail de plaidoyer en 2018 et 2020 devant le Congrès National en racontant qu'elle avait pratiqué des avortements pendant des années en tant que sage-femme. En 2020 l'Argentine a adopté un loi pour la légalisation de l'avortement. Mais de nombreux obstacles juridiques persistent pour les sages femmes. Selon la loi nationale, celles-ci font partie des professionnel·les de la santé autorisés à pratiquer des avortements, mais de nombreuses provinces n’ont pas encore mis à jour leurs réglementations pour refléter ce changement. Cependant, malgré l'absence d'un cadre juridique explicite, 80% des sages-femmes fournissent déjà ces services en 2024.

    Sources :
    https://internationalmidwives.org/fr/pass-the-mic-yanina-et-carolina-defenseuses-de-lacces-a-lavortement-securise/
  • En République du Congo, les études de sages femmes ont intégrés récemment la pratique des avortements.
    Recherche Collaborative Entre le Canada et la République Démocratique du Congo. Sages-Femmes et l'Aspiration IntraUtérine Manuelle suite aux Avortements Incomplets dans la Ville de Kinshasa
    file:///Users/olivierkerch/Downloads/18071-Article%20Text-52148-1-10-20240429.pdf
  • Au Gabon, une étude a été menée pour mesurer l'impact de la formation des sages-femmes à l'Aspiration Manuelle Intra Utérine ou AMIU lors de complications après un avortement clandestin. Cette étude rétrospective a montré une diminution spectaculaire des retard de traitement passant de 18 heures à 1,8 heure ce qui a engendré une diminution de la mortalité liées aux complications de l'avortement passant de 10% ( en 2008_2010) à 2% (2011-2013). En 2021, le code pénal a été revisité permettant d'autoriser l'avortement dans certains cas.

Midwives and post-abortion care in Gabon: “Things have really changed” by Aimée Patricia Ndembi Ndembi, Justine Mekuí, Gail Pheterson, Marijke Alblas.
https://content.sph.harvard.edu/wwwhsph/sites/2469/2019/12/Pheterson.pdf

https://www.who.int/news-room/feature-stories/detail/south-to-north-learning-exchanges-enhance-midwives-skills-in-abortion-care

https://www.howtouseabortionpill.org/